Nicole Niot l'affirme haut et fort. "Toutes les nuits j'y pensais et toutes les nuits, j'avais des envies de me suicider, par rapport à eux." Eux, ce sont les responsables de la société de rachat de crédits, qui lui réclament le remboursement des 8 000 euros empruntés.
Un rapport médical accablant
Mais les incessantes menaces de saisie et les quatre à cinq coups de téléphone par jour finissent par écoeurer la retraitée âgée de 69 ans. Au bout du rouleau, sans ressources, elle frappe à la porte d'un cabinet d'avocats, qui lui conseille - au vu de son "état psychologique inquiétant", dixit maître Ludot - de consulter un psychiatre pour diagnostiquer son mal.
Si le rapport médical fait état "d'un stress post-traumatique, avec des syndromes de dépression, des troubles du sommeil et des angoisses", l'aspect essentiel de ce bilan peu flatteur réside dans son origine. À savoir que ces troubles ont bien été "provoqués et entretenus par les demandes incessantes de remboursement".
Vers une jurisprudence Niot ?
Cette relation de cause à effet constatée par une expertise psychiatrique, va servir de principale argumentation pour la partie plaignante envers la société de rachat de crédits. Une situation encore inédite à ce jour. L'affaire sera jugée au tribunal de Reims, le 17 septembre prochain. Nicole Niot réclame 10 000 euros pour préjudice psychologique.