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Un crédit relais sur 3 peine à être remboursé

L'Association française des usagers des banques (AFUB) mène campagne pour que l'Etat s'attaque aux douloureux sujets des crédits relais dans le cadre du projet de loi portant réforme aux crédits à la consommation.

Le crédit relais est un système bien pratique qui permet à un particulier de pouvoir financer l'achat d'un logement avant de vendre son bien précédent. Selon les formules, l'argent avancé peut être remboursé par anticipation et sans pénalités par le reversement du prix du vente de l'ancien logement.

Limité à deux ans, le crédit relais est un instrument de crédit répondant à des besoins précis de financement temporaire. En échange de cette facilité, le taux des crédits relais est souvent largement supérieur à ceux d'un crédit immobilier classique. Si l'ancien bien se vend dans un temps raisonnable (moins de 2 ans), la facture finale est acceptable pour le particulier.

Lorsque le bien par contre a du mal à se vendre comme actuellement où le marché de l'immobilier est en berne, le poids des doubles mensualités (nouveau logement et ancien) devient vite très difficilement gérable. Face aux difficultés de remboursement que vivent les propriétaires, l'État a demandé aux établissements bancaires « de traiter les crédits-relais de manière attentive et de ne pas profiter des rééchelonnements pour augmenter les intérêts » comme le rappelait encore la Ministre de l'économie, Christine Lagarde dernièrement.

Cette précaution prise auprès des souscripteurs de crédits-relais a selon l'avis de l'Association Française des Usagers des Banques (AFUB) été insuffisante. En effet, dans une interview donnée à l'Expansion, le président de l'AFUB Serge Maître a témoigné de son inquiétude. « Sur 100.000 crédits relais en France, environ un tiers est en mal de remboursement. Ces crédits représentent un encours d'environ 5 milliards d'euros. » Les solutions préconisées par l'AFUB vont bien au-delà des quelques pistes lancées par le gouvernement puisque l'association réclame notamment un moratoire de deux ans au moins pour les emprunteurs afin de tenir compte de l'évolution de la crise immobilière et économique. L'association pense également que l'Etat pourrait se porter caution pour éviter de plomber les comptes des banques.

Article publié le mardi 24 novembre 2009 à 16:11 - © Credixis 2019

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