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Patrimoine : une inégalité "riches-pauvres" de plus en plus forte

Dans son enquête sur "les revenus et le patrimoine des ménages" publiée ce jeudi, l'INSEE dresse un bilan sans appel. Entre endettement et patrimoine, le fossé entre les personnes aisées et les plus modestes continue de se creuser.

Un étirement "par le haut"

D'après une récente étude de l'institut national de la statistique et des études économiques (INSEE), le niveau de vie des ménages (définit par les revenus disponibles après prélèvement des impôts) les plus modestes tend à se stabiliser depuis 2002 avec une hausse annuelle moyenne de 1,6 % par an. Parallèlement, le niveau de vie des foyers les plus aisés continue de progresser.

En 2008, le niveau de vie des 10 % des foyers les plus "modestes" s'établissait ainsi à moins de 10520 euros par an, contre plus de 35550 euros pour les 10 % des foyers les plus élevés.

Une gestion du patrimoine inégale

D'après l'étude, 94 % des foyers possédaient un patrimoine privé en 2010, sous divers formes : bien immobilier, actions, livret d'épargne, ou encore assurance-vie.

Une situation difficile pour les 6 % sans patrimoine puisque la moitié d'entre eux, présentant de très faible revenus, ont du mal a tenir les fins de mois. Selon l'INSEE, près de 30 % de ces ménages auraient connu une ou plusieurs périodes de chômage de longue durée au cours de leur carrière.

Une situation beaucoup plus facile à vivre pour les ménages les plus riches, puisque les revenus de leur patrimoines se seraient accrus de près de 11 % par an depuis 2004 selon l'institut.

Les crédits responsables de cette "inégalité" ?

En 2008, près d'un ménage sur deux étaient endettés, dont un tiers au titre de l'immobilier et un tiers pour un prêt à la consommation. Beaucoup plus grave le surendettement concernait alors près de 3% des foyers. En février 2011, ils étaient 900 000 a être surendettés. Un phénomène touchant majoritairement les plus de 35 ans et de plus en plus les plus de 60 ans.

Des logements trop chers

Autre facteur pouvant expliquer cet accroissement des disparités " par le haut", les coûts liés aux logements sont de plus en plus importants. Un poids en plus pour les foyers aux revenus les plus modestes, devant faire face à des loyers exorbitants et des coûts d'acquisition tout aussi faramineux, témoins d'un marché immobilier irréel.

Ainsi, près de 8 % des ménages dépensent plus de 44 % de leur revenus dans leurs logements, la moyenne française s'établissant, tout de même, à 20 % des revenus.

Article publié le vendredi 29 avril 2011 à 15:04 - © Credixis 2017

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