> > Nouveau plan d'aide pour le Portugal

Nouveau plan d'aide pour le Portugal

Le Portugal a rejoint l'Irlande et la Grèce sur le banc des pays européens à recevoir une aide financière internationale. Sous couvert d'un programme strict de réformes, le pays recevra 78 milliards d'euros d'aide. Un programme qui passe mal pour les portugais.

Une aide de 78 milliards d'euros

Le Portugal n'y coupera pas. Malgré sa volonté affichée de s'en sortir seul, le Portugal a dû faire appel, cette semaine, à l'aide internationale. Après de longues négociations avec le Fonds monétaire international (FMI) et l'Union européenne (UE), le gouvernement et les principaux partis portugais (de nouvelles élections législatives auront lieu le 5 juin après la démission du 1er ministre en mars dernier) se sont entendus sur un plan de sauvetage fixé à 78 milliards d'euros.

Un programme de réformes " dur mais nécessaire".

En contrepartie de cette aide, le gouvernement et principaux partis portugais se sont engagés à établir un programme de réformes assez strict. Les négociateurs internationaux, Jürgen Krögen pour l'UE et Poul Thomsen pour le FMI, bien qu'admettant la rigueur du programme ont néanmoins appuyé sur sa nécessité pour sortir le pays de la crise.

Dans les faits, le Portugal devra engager :

  • des réformes budgétaires, avec une diminution drastique des dépenses, en matière de retraites et de santé notamment, de l'ordre de 3,4 % du produit intérieur brut (PIB) ;
  • des réformes de fonds, notamment sur la législation du travail (baisse des allocations chômage par exemple) et par le biais de nombreuse privatisations ;
  • un contrôle accru des politiques financières des banques, près de 12 milliards d'euros étant dégagés " au cas où" pour ces dernières, si besoin il y a.

Une aide contestée

Pour la population portugaise, le programme présenté est beaucoup trop sévère. S'opposant à cette aide, les principaux syndicats, ont appelé à une grève générale ce vendredi. Pour Manuel Carvalho da Silva, secrétaire général du CGTP, l'un des plus puissants syndicats du pays, avec ce programme, "les conditions de vie des travailleurs, des retraités et d'une grande partie de la population risquent de s'aggraver".

Des craintes quelque peu confirmées jeudi, par le ministre portugais des Finances, Fernando Texeira dos Santos, selon qui la récession  pourrait augmenter "d'environ 2 % en 2011 et 2012" incluant une hausse du chômage jusqu'en 2013, le ministre tablant d'ailleurs sur un taux de chômage de l'ordre de 13 % en 2013.

Si l'ensemble des conditions du programme seront arrêtées le 16 mai prochain à l'occasion de la réunion de l'Eurogroupe, le Portugal s'attend déjà à se resserrer à nouveau la ceinture pour une durée minimale de 3 ans.

Article publié le vendredi 06 mai 2011 à 16:05 - © Credixis 2017

Articles liés

Europe : le Portugal prochaine victime de la crise ?

La situation n'as jamais été aussi tendue au Portugal depuis 2009. Faisant face à une crise politique interne, le pays à jusqu'alors refusé l'intervention internationale et le recours au FESF. Pour beaucoup, il est le prochain sur la liste des receveurs d'aides. Lire l'article

Les "stress tests" des banques européennes, plus sévères en 2011 ?

Montrés du doigt pour leur "trop grande facilité", les tests de résistance des banques de l'UE, devraient être plus sévères en 2011 d'après le président de l'EBA. Les prochains tests seront réalisés sur 88 banques de l'UE, les résultats seront rendus publics en juin. Lire l'article

Crise : DSK pour une Europe plus souveraine

Dans une interview au quotidien le Parisien publiée ce lundi, le patron du FMI est revenu sur la crise économique. Écartant l'idée d'une crise monétaire, Dominique Strauss-Kahn appelle à une meilleure coordination des politiques économiques européennes. Lire l'article