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Le projet d'union bancaire mis à mal au sein de l'UE

Base essentielle à l'ensemble du plan d'intervention de la BCE, le projet de supervision bancaire pourrait s'avérer bien plus difficile à mettre en place que prévu. Outre les réticences allemandes, plusieurs pays de l'UE, mais hors de la zone euro s'y opposent.

Le projet d'union bancaire mis à mal au sein de l'UE

Une mise en place potentiellement retardée

Opposés au projet de supervision bancaire en l'état, les responsables allemands appellent les autorités et leurs homologues européens à la prudence, estimant que toute précipitation dans la mise en place du processus serait malvenue.

Réunis à Chypre ce samedi 15 septembre, les ministres des finances européens ont ainsi longuement débattu sur le projet. Alors que la France et l'Espagne ont plaidé pour une intervention la plus rapide possible, l'Allemagne, par le biais son ministre Wolfgang Schäuble, prône la prudence.

Pour le ministre allemand, le calendrier établi par les cadres de la zone euro n'est tout simplement pas tenable, aucune supervision ne serait possible sans l'accord unanime des 27 États de l'Union Européenne (UE). Un accord qu'il semble difficile d'obtenir avant le 1er janvier, date à laquelle est censé démarrer le projet.

Une validation nécessaire des 27, mais loin d'être acquise

Bien qu'elle ne concerne a priori que les organismes bancaires de la zone euro, la supervision totale de la banque centrale européenne (BCE) est loin de ravir certains États.

Le Danemark, la Pologne, le Royaume-Uni et la Suède, tous membres de l'UE, mais ne souhaitant pas adhérer à la monnaie unique ont déjà fait part de leurs oppositions.

Selon le projet actuel, aucun État européen non membre de la zone euro ne pourrait prétendre au droit de vote au sein du conseil de supervision, le nouvel organe de la BCE qui sera chargé de contrôler l'ensemble du dispositif.

Pour le ministre des Finances polonais Jacek Rostowski. Il est absolument hors de question de participer à une institution dans laquelle « nous ne disposons pas de droit de vote, tout en étant soumis à ses décisions ».

La commission européenne devrait donc revoir sa copie si elle veut voir son projet, si important pour le futur européen, enfin aboutir. En attendant, la Pologne ne laisse entrevoir aucune marge de négociation. « À l'étape actuelle, la proposition soumise par la Commission ne nous intéresse absolument pas », a ainsi tranché Jacek Rostowski en marge de la réunion de l'Eurogroupe.

Article publié le lundi 17 septembre 2012 à 15:09 - © Credixis 2017

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