Avec la chute de ces taux, les opérations de rachats de crédits demeurent en plein essor et représentent aujourd'hui jusqu'à un tiers de l'activité de crédit immobilier des banques.
Si certains établissements consacrent près de 30 % de leur production aux dossiers de rachats de crédits à la concurrence, quid des clients désireux d'entamer une renégociation avec leur banque d'origine ?
Une différence de pourcentage remarquable
L'historique desdits clients au sein du groupe bancaire, le montage initial du crédit et son poids en tarification selon la marge de départ, sont autant de facteurs déterminants pour les particuliers. Quant aux clients professionnels, la question de la renégociation s'étudie en fonction de leur patrimoine.
Les emprunteurs de la fin 2008 ou du début 2009, qui cumulent un prêt récent à des taux élevés (de 5,15 % fin 2008 à 4,75 % les premiers mois de l'année dernière), sont les plus enclins à renégocier. Et pour cause : "leurs" taux d'origine affichent un différentiel d'au moins 1 % avec les offres actuelles.
Éviter les pratiques anticoncurrentielles
N'étant dès lors plus en position de force pour conserver leurs clients, les banques originelles ont néanmoins trouvé une parade : proposer des taux variables. Inférieurs aux taux fixes du marché, ils permettent simultanément un amortissement des pertes induites par la renégociation.
Ce conflit lié aux rachats de crédits fait ressurgir l'idée d'un "Yalta bancaire", à savoir une entente pour ne pas racheter les crédits des autres. Au début des années 1990, neuf établissements avaient ainsi été blâmés par le Conseil de la concurrence (devenu depuis "Autorité de la concurrence"). À l'heure actuelle, le doute plane encore sur quatre groupes mutualistes situés dans l'Ouest et le Centre.