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La récession grecque bloque l'aide internationale

Avec une récession plus marquée que prévue, la Grèce ne s'en sort plus. Une raison suffisante au sens des organismes internationaux pour geler la mission d'évaluation nécessaire à la délivrance de toute aide.

La récession grecque bloque l'aide internationale

Des discussions "suspendues" jusqu'au 14 septembre

Vendredi dernier, la mission conduite par des experts et inspecteurs de la Banque centrale européenne (BCE), du Fonds monétaire international (FMI) et de l'Union européenne (UE) est revenue beaucoup plus vite que prévue de Grèce.

Chargée d'étudier les comptes et mesures entreprises par le gouvernement grec pour endiguer sa dette et lui permettre de bénéficier d'un nouveau plan d'aide, la "Troïka" s'est ainsi retiré du territoire hellène "de façon temporaire afin de permettre aux autorités de conclure, entre autres, les travaux techniques liés au budget 2012 et aux réformes structurelles en faveur de la croissance" a ainsi déclaré la mission dans un communiqué officiel.

D'après le ministre des finances Evangelos Venizelos, il s'agit tout simplement de la conclusion du "premier cycle des discussions", "un second cycle débutera dans une dizaine de jours le 14 septembre".

Des mesures qui tardent à se mettre en place

Plusieurs raisons sont évoquées pour cette suspension, pour les plus sures, loin d'une réelle mésentente, il s'agirait avant tout d'une divergence de point de vue sur la conjoncture grecque et les actions entreprises en conséquences.

Selon la Troïka, le déficit budgétaire de la Grèce à l'exercice 2011 s'élèvera à près de 9 % du produit intérieur Brut (PIB) contre 8 % selon le gouvernement grec. Bien au delà dans les 2 cas des 7,6 % initialement prévus.

Pour les inspecteurs, cet écart entre les objectifs et prévisions seraient dus en grande partie à la lente mise en application par Athènes des mesures de rigueur. Parmi les mesures à mettre en oeuvre, la collecte d'impôts, la mise en application de la nouvelle grille des salaires des salariés du public, et le redémarrage des privatisations sont les plus attendues.

Athènes, pour sa part, explique cette différence par une aggravation de la récession. Jusqu'alors un ralentissement de la croissance de l'ordre de - 3,75 % du PIB était attendu. La croissance effective a été mesurée à près de - 5 % du PIB.

Une nouvelle réunion européenne

Pour les autres pays de la zone euro une réunion est prévue dès aujourd'hui à Bruxelles pour orchestrer les différentes interventions de chacun dans le plan d'aide et notamment préciser : les différents taux d'intérêts à appliquer, les modalités d'intervention du secteur privé, ainsi que les garanties à prévoir.

Article publié le lundi 05 septembre 2011 à 12:09 - © Credixis 2017

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