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La France dans le collimateur de l'agence Moody's

Mise en examen pour 3 mois par l'agence de notation Moody's, la France pourrait voir sa note AAA dégradée, sans action forte à la fois nationale et européenne. Le gouvernement français s'est dit prêt à réagir en conséquence.

La France dans le collimateur de l'agence Moody's

Le triple A français menacé

Après l'Espagne, la France est le prochain pays européen qui pourrait voir sa note de solvabilité dégradée. Lundi soir, l'agence de notation Moodys' a indiqué qu'elle surveillerait de près pendant 3 mois les actions entreprises par la France pour réduire sa dette publique.

En l'état, l'agence a en effet jugé préoccupant le niveau d'endettement contracté par l'État français. Actuellement noté AAA la "perspective stable" française pourrait ainsi être mis à mal. Pour une grande majorité d'experts, la France est le pays classé AAA qui a les finances publiques les plus fragiles.

Se basant sur les impressions du marché, Moody's, prenant néanmoins en compte les efforts et actions entreprises jusqu'ici, considère ainsi que les perspectives de croissance nationale sont  beaucoup trop optimistes pour être réalisables.

Dans ses dernières estimations, le gouvernement français tablait ainsi sur une croissance de 1,75 % pour 2012.

Au niveau européen, cette annonce tombe au plus mauvais moment, décrédibilisant nettement la position française à quelques jours d'un sommet européen présenté comme capitale pour la survie du système économique européen. Pour Nicolas Sarkozy, "le destin de l'Europe se joue dans les jours à venir". V

Vers un nouveau plan de rigueur ?

Estimées actuellement à 1,75 % pour 2012, les perspectives de croissance pourrait être ainsi revue à la baisse par Bercy et Matignon. Réagissant au communiqué de Moddy's, le 1er ministre français François Fillon s'est dit près à mettre en place  de "nouvelles mesures" en cas de résultats négatifs, en deçà d'une "croissance minimale de 1,5 % en 2012".

Pour le groupe Axa, l'action gouvernementale de ces prochains mois sera décisive :  "S'il prend des mesures trop faibles, il sera jugé peu crédible par les marchés qui ont, en fait, largement alimenté la décision de Moody's. À l'inverse, s'il renforce trop nettement l'austérité, il sera aussi sanctionné : les marchés estimeront que l'économie va en pâtir et que les objectifs budgétaires, faute de croissance, ne pourront être atteints".

"Le message de Moody's revient à dire que la France ne peut pas aider son secteur bancaire. C'est une manière de dire : 'Si vos banques doivent être recapitalisées, elles devront le faire sur les marchés'" estime de son côté Alex Koagne de Natixis.

Article publié le jeudi 20 octobre 2011 à 15:10 - © Credixis 2017

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