> > Il contracte un prêt de 117 000 euros... et devra en rembourser le triple !

Il contracte un prêt de 117 000 euros... et devra en rembourser le triple !

En sollicitant un crédit immobilier sur 40 ans, cet habitant du Tarn n'avait pas conscience des problèmes à venir. Il tente aujourd'hui de renégocier son prêt, mais la mission s'annonce périlleuse...

L'association UFC (Union fédérale des consommateurs) - Que choisir du Tarn, présidée par Francis Escande, est venue apporter son soutien au malheureux Graulhétois. "Ce prêt n'aurait pas dû être accordé dans ces conditions", s'indigne-t-on ainsi. Rappelons que les crédits d'une durée de 40 ans, lancés en 2007, sont rarissimes.

Dans le cas présent, l'emprunteur a sans doute été aveuglé par le montant des mensualités de remboursement (780 euros), qui lui permettaient de réaliser son achat. À l'époque (juillet 2008), ce particulier n'avait "pas assez réfléchi" au moment des faits, ne constatant les dégâts qu'après coup.

Des intérêts supérieurs au crédit en lui-même

Il tente désormais de rectifier le tir (en ramenant le prêt à 25 ans, avec un taux fixe de 4 %), mais sa banque, dont le nom n'a pas été divulgué, n'a pas daigné répondre à sa lettre recommandée datée du 29 juin 2010. Pour lui, l'UFC a donc décidé d'engager "une démarche amiable". Mais les négociations s'annoncent compliquées, puisque l'établissement bancaire n'est pas entré dans l'illégalité.

Ce fameux prêt de 117 000 euros étalé sur 40 ans, impose un remboursement à hauteur de 340 000 €, dont près de la moitié (164 000 €) concerne les intérêts. Notons que ce dernier montant dépasse à lui seul la valeur du prêt ! En terme d'assurance, on atteint la somme de 59 000 €.

Peut-être une échappatoire ?

Âgé de 43 ans au moment de la signature, l'emprunteur aura plus de 80 ans au terme du prêt. "Même si ce n'est pas illégal, on ne peut pas endetter quelqu'un jusqu'à un âge aussi avancé", scande Francis Escande. Celui-ci regrette que la volonté de devenir propriétaire amène parfois "à faire n'importe quoi".

Pour Serge Maître, porte-parole et expert juridique de l'Afub (Association française des usagers des banques), "ce Monsieur a été victime d'un mirage orchestré par les banques. Certes il a signé, mais on aurait dû l'éclairer." Ce défaut de mise en garde, notamment sur la hausse de la prime d'assurance à partir de 70 ans, est une obligation rappelée par la Cour de cassation. La Commission de surendettement pourrait alors être saisie, afin de ramener le prêt à taux zéro.

Article publié le mercredi 06 octobre 2010 à 11:10 - © Credixis 2017

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