Des interventions nationales à l'échelle européenne
Abordée il y a déjà quelque temps, et notamment lors de la réunion préparatoire au prochain sommet européen, l'idée de la mise en place d'une véritable « union bancaire » commence à prendre forme au plus haut niveau européen.
Ainsi l'Union européenne (UE) et la Commission européenne planchent actuellement sur un nouveau projet de réglementation donnant aux différents États membres un pouvoir plus important, plus « agressif » contre la crise et plus précisément vis-à-vis des banques en grandes difficultés.
Pour les instances européennes, l'idée générale est de permettre aux gouvernements d'intervenir plus directement auprès des banques y compris celles d'un autre État membre.
Pour Michel Barnier, Commissaire européen au Marché intérieur et aux Services, la mise en place d'un mécanisme « d'alerte précoce » serait également souhaitable.
Un mécanisme qui permettrait très rapidement aux États d'enchaîner des mesures « très lourdes et très fortes », par exemple : « interdire certaines activités bancaires, interdire la distribution de dividendes, changer de management... ».
Un financement par les banques
Selon les premières pistes abordées, le financement de ces interventions gouvernementales pourrait être apporté sur le long terme par les banques elles-mêmes.
Un financement que Michel Barnier expliquait ce mardi lors d'une conférence à Paris, par une volonté de faire payer les banques « pour les banques quand elles sont en difficulté plutôt que les contribuables ».
Dans l'idée, les États seraient amenés à collecter en moyenne 1 % par an des dépôts de banque, constituant ainsi un Fonds d'urgence libérable aux organismes bancaires en difficultés sous la forme de prêts ou de garanties.
Ce projet est fortement soutenu par la Banque centrale européenne (BCE) qui se refuse en raison de ses statuts à financer les États pour soutenir les banques.
Selon le quotidien économique européen « Financial Times », la BCE aurait d'ailleurs refusé le plan de sauvetage espagnol de Bankia, la troisième banque du pays.
Dans son plan de sauvetage de 19 milliards d'euros, l'Espagne déjà très fortement endettée souhaitait ainsi obtenir une participation de la BCE pour apporter une partie fonds, évitant ainsi un recours aux marchés financiers.