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Dette européenne : le FMI appelle à une réduction modérée des crédits

Dans son rapport sur la stabilité financière dans le monde, le FMI demande aux banques européennes de poursuivre leurs efforts de désendettement, mais à un rythme modéré. Un accompagnement des autorités est requis dans ce processus.

Dette européenne : le FMI appelle à une réduction modérée des crédits

Les autorités doivent accompagner le désendettement des banques

Avec crise européenne qui tend à s'essouffler, le Fonds monétaire international (FMI) souhaite qu'un effort collectif soit maintenu.

« Les grands établissements bancaires de l'UE pourraient alléger leurs bilans de 2 600 milliards de dollars (2 000 milliards d'euros) d'ici la fin de 2013, soit près de 7 % de la totalité de leurs actifs » précise le Fonds monétaire, dans don dernier "Rapport sur la stabilité financière dans le monde".

Dans ce rapport daté du 18 avril 2012, le FMI demande ainsi aux banques européennes à poursuivre leurs politiques de désendettement, mais pas n'importe comment.

« Il est essentiel de continuer à éviter de tailler simultanément, à grande échelle et brutalement dans les bilans, ce qui pourrait causer des dégâts graves sur la valeur des actifs, l'offre de crédit et l'activité économique en Europe et au-delà » expliquent les auteurs du rapport.

Pour ce faire, un accompagnement des organismes centraux et des autorités nationales et internationales est nécessaire.

Pour le FMI, il faut continuer à « renforcer le dispositif de gestion de la crise, poursuivre la restructuration des banques, et s'engager à mettre en oeuvre un plan de route pour une union monétaire plus intégrée financièrement et budgétairement ».

Évoquant un « cercle vicieux entre États et banques », le Fonds monétaire prône la mise en place, d'une recapitalisation directe des banques par les fonds européens « si la situation le justifie ».

Des processus de désendettement à risque

Sur les actions à effectuer par les banques elles-mêmes, le rapport évoque deux composantes : « une réduction des crédits » d'une part, et « une cession de titres et d'actifs non primordiaux » d'autre part.

« D'après notre scénario de référence, l'impact sur l'offre de crédit de la zone euro est estimé à environ 1,7 % de l'encours actuel », détaillent les auteurs.

Ainsi, les actions et décisions prises en interne sur la diminution de crédits doivent être prises avec la plus grande précaution. « Les instances de supervision doivent veiller à ce que les prix des actifs, l'offre de crédit et l'activité économique en Europe et ailleurs ne soient gravement touchés" insiste le FMI.

Ce dernier rappelant, aux vues des « étapes précédentes de la crise financière », « que le crédit aux entreprises européennes devrait s'avérer un point de pression particulier ».

Article publié le jeudi 19 avril 2012 à 14:04 - © Credixis 2017

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