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Crise grecque : un accord interne se fait toujours attendre

Face aux derniers aspects du plan d'aide déployé par le public (États) comme le privé (banques) européen, le gouvernement grec se doit de réagir. Malgré la menace d'une faillite annoncée en mars, des tensions politiques internes laissent le pays en plein doute.

Crise grecque : un accord interne se fait toujours attendre

La coalition gouvernementale bloque toujours le processus

Avec une dette représentant 60 % de son produit intérieur brut (PIB), la Grèce n'a plus beaucoup d'options pour sortir de la crise. La situation est d'autant plus tendue qu'elle assortie d'un ultimatum, le 20 mars, date à laquelle est l'État hellène devra rembourser 14,5 milliards d'euros à ses créanciers.

Concrètement plusieurs aides sont d'ores et déjà planifiées. Toutefois, des contreparties sont demandées avec la promesse notamment de la mise en place d'une austérité budgétaire nationale conséquente.

Écrasée par le poids de sa dette et par les dites mesures d'austérité essoufflant économiquement et financièrement un peu peuple déjà très affaiblie, la coalition gouvernementale au pouvoir ne parvient pas à s'accorder sur les conditions de validation de l'aide.

Une aide "publique" et privée

Comme l'a rappelé sèchement le président de l'Eurogroupe Jean-Claude Juncker le 04 février, un investissement et une pleine coopération du gouvernement grec est nécessaire pour l'octroi d'un ai de financière."Si nous devions constater que tout va à vau-l'eau en Grèce, alors il n'y aurait pas de nouveau programme".

Dans le détail, deux "plans" d'aide sont en fait proposés : l'un "public" et appelé OSI pour "official sector involvement" et l'autre privé et dénommé PSI pour "private sector involvement".

L'OSI regroupe l'action conjointe de la banque centrale européenne (BCE), du Fonds monétaire international (FMI) et des États membres de l'Union européenne (UE) avec un prêt supplémentaire de 130 milliards d'euros.

Le PSI pour sa part regroupe les créanciers privés, essentiellement des banques, et marque l'accord de renoncement de ses derniers à quelques 100 milliards d'euros de créances grecques soit, la moitié de la valeur de dette grecque détenu par ces créanciers. Cette somment représente également près de 35 % de la dette grecque totale.

La BCE reste optimiste

Détenant 45 milliards dette grecque, via des opérations de rachat sur les marchés secondaires, la BCE reste l'un des acteurs aidants les plus bloqué.

Dans les faits, l'organisme est en effet soumis à des objectifs qui restent assez contradictoires avec les actions demandées. Ainsi, la BCE ne peut intervenir sur les marchés principaux pour racheter directement des titres souverains, ni effacer complètement les dettes déjà détenues.

Financièrement faisable la dernière solution couperait toute légitimité du programme de rachats d'obligations. De plus le rôle premier de la BCE est de "maintenir le pouvoir d'achat de l'euro, et donc la stabilité des prix". Un objectif sans rapport donc avec une aide aux pays en difficultés.

Interrogé lors du 42e Forum économique mondial de Davos (Suisse) qui s'est achevé le 29 janvier dernier, le président de la BCE est néanmoins resté confiant sur l'avenir de la zone euro, parlant même de "progrès spectaculaires".

Article publié le lundi 06 février 2012 à 15:02 - © Credixis 2017

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