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Crédits : les prêts à risque espagnols inquiètent l'Europe

Ce mardi, la banque centrale d'Espagne a révélé que près de 10 % des crédits du pays étaient susceptibles de ne pas être remboursés. Censé pouvoir réguler ce type de créances, le plan de supervision bancaire ne fait pourtant pas l'unanimité en Europe.

Crédits : les prêts à risque espagnols inquiètent l'Europe

La crainte d'un nouveau Krach immobilier en Espagne

9,86 %, c'est le taux de crédits espagnols jugés « à risque » de par l'incapacité latente de leurs détenteurs à pouvoir les rembourser. Selon la Banque d'Espagne, la somme totale recouverte par ces « créances douteuses » atteindrait fin juillet 169,330 milliards d'euros. Il s'agit du plus fort taux de prêts à risque concédé par les banques espagnoles depuis 50 ans.

En première ligne des nouvelles mesures européennes et notamment de la Banque centrale européenne (BCE), l'Espagne laisse ainsi planer l'ombre d'un nouvel éclatement immobilier, 4 ans à peine après le dernier Krach immobilier.

Sur les marchés financiers, les tensions quant à un nouveau rebond de crise sont palpables, bien qu'atténuées par les différents plans d'intervention proposés par les autorités européennes.

En France, certains doutes naissent également du fait notamment de taux de crédits immobiliers toujours très bas, alors que l'offre immobilière est de plus en plus basse et les prix de vente encore très élevés.

Les conditions d'octroi des crédits légèrement durcis, l'engagement des autorités françaises dans le processus de résolution de crise et les différentes mesures organisées contre le surendettement parviennent néanmoins à écarter ces craintes.

Le projet européen de supervision bancaire patine

Présent comme un véritable outil de contrôle et d'intervention en amont, a contrario des aides exceptionnelles libérées après coup, le projet de supervision bancaire européen n'arrive pourtant pas à séduire l'ensemble des acteurs européens.

Sur le papier, un tel mécanisme permettrait pourtant de bloquer ou du moins d'atténuer le flot de libération de ce type de créances. Dans la réalité, plusieurs pays craignent de voir leurs systèmes bancaires nationaux engloutis par ce dispositif.

Défenseurs farouches d'une validation et d'une mise en place rapide du produit, les dirigeants français et espagnols en appellent à la survie de l'Europe et au bon sens des marchés.

Interrogé par la presse allemande, le gouverneur de la Banque de France Christian Noyer estime ainsi qu'il est désormais nécessaire de « couper les liens entre les États et leurs banques ».

« Il faut dans tous les cas couvrir toutes les 6 000 banques de la zone euro », a-t-il déclaré, prônant ainsi la nécessité d'une intervention sur les « petits » organismes tels que « les caisses d'épargne espagnoles ou une petite banque en Irlande ».

Article publié le jeudi 20 septembre 2012 à 18:09 - © Credixis 2017

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