La baisse des taux a indubitablement stimulé l'activité des établissements bancaires. Notamment par le biais du rachat de crédits, qui donne la possibilité aux particuliers de renégocier leur financement à des conditions plus avantageuses. La présente conjoncture peut dès lors intéresser ceux ayant emprunté aux alentours de 4,5 %.
Du côté des banques, on constate par conséquent que le rachat de crédits prend petit à petit l'ascendant sur les autres montages financiers, dès lors qu'il s'agit d'accéder à la propriété, d'acheter-revendre, ou d'opérations liées à l'investissement locatif. Dans certains grands réseaux, ce procédé représente 30 % de la production (voire 50 % selon les cas).
Une reprise loin d'être durable ?
Attrayant aux yeux des emprunteurs, le rachat de crédits ne constitue pas néanmoins une indication fiable pour mesurer le dynamisme du marché immobilier. Puisqu'il ne concerne pas une transaction nouvelle, il n'a de ce fait aucun rapport avec l'activité strictement immobilière. Ce qui justifie par certains experts, l'emploi récent de l'expression "fausse reprise".
Le marché immobilier résidentiel est lui aussi un trompe-l'oeil. S'il a bel et bien repris du poil de la bête, il demeure malgré tout en-deça de son niveau moyen des années précédentes (-16 %). Résultat : les agents ont beau se réjouir des 700 000 transactions dans l'ancien réalisées d'ici la fin 2010, on restera loin des 812 000 ventes conclues en 2004.
Un tableau évocateur
Pour ce qui est de l'actuelle reprise, deux écueils s'amoncellent : une hausse trop rapide des prix dans les zones tendues (comme par exemple à Paris), et une résurgence des taux. L'un ou l'autre ferait perdre en pouvoir d'achat aux candidats à l'accession à la propriété. Mais ces derniers devraient donc être "tranquilles" jusqu'au printemps 2011...
En conclusion, voici l'évolution du coût d'un crédit pour un prêt de 150 000 euros sur vingt ans :
- octobre 2005 : taux à 3,50 % = mensualité de 870 € = crédit à 58 785 € ;
- octobre 2008 : taux à 5,40 % = mensualité de 1 023 € = crédit à 95 520 € ;
- octobre 2009 : taux à 4,05 % = mensualité de 913 € = crédit à 69 120 € ;
- janvier 2010 : taux à 3,95 % = mensualité de 905 € = crédit à 67 200 € ;
- juin 2010 : taux à 3,65 % = mensualité de 882 € = crédit à 61 680 € ;
- octobre 2010 : taux de 3,55 % = mensualité de 874 € = crédit à 59 760 €.