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BCE : une hausse du taux directeur plus rapide que prévue

Jeudi dernier, le président de la BCE, Jean-Claude Trichet a haussé le ton. En annonçant une possible remontée des tu taux directeur en avril, il a contourné toutes les prévision des spécialistes. Depuis, les économistes européens s'inquiètent.

Trois hausses successives dès avril

À l'occasion de la réunion du conseil des gouverneurs de la Banque centrale européenne (BCE), son président à chamboulé tout l'échiquier. En évoquant une hausse "possible, mais pas certaine" du taux directeur en avril 2011, ainsi qu'un statut de "forte vigilance" (précédent habituellement une hausse des taux), Jean-Claude Trichet à pris à contre pied, les différentes prévisions.

Ainsi la hausse prévue par les spécialistes pour le 3ème voir 4ème trimestre 2011 devrait être effective en 3 actes de 25 points de base chacun,et ce dès avril, atteignant 1,75 % à la fin de l'année.

Une conséquence économique grave

Pour la plupart des experts, cette hausse apparait bien trop tôt , alors que beaucoup de banques se remettent à peine des crises de 2008 et 2009 et sont encore en restructuration. Les principale victimes de ce réajustement seraient ainsi les banques grecques, irlandaises, mais également espagnoles. Pour Ray Kinsella, experte de l'université de Dublin, "l'Irlande ne peut tout simplement pas supporter le fardeau d'un relèvement des taux d'intérêt. Cela aurait pour effet d'ouvrir un deuxième front dans la crise bancaire irlandaise".

Une hausse nécessaire pour la BCE

Principal motif d'ordre pour la BCE, la stabilité des prix serait ainsi en danger. L'organisme européen confirme ainsi le souhait émis quelques mois auparavant de se consacrer uniquement à sa mission principale qu'est juste le maintien de cette stabilité. Depuis la crise grecque, la BCE a racheté pour près de 77 millions d'euros de dettes souveraine des États.

Suscitant une opposition farouche de nombreux gouvernements  de pays membres dont l'Allemagne, Jean Claude Trichet a para ailleurs exprimé le souhait d'un rachat de es obligations publiques par l'actuel Fonds européen de stabilité financière (FESF) et futur  mécanisme permanent, "European Stability Mechanism" (ESM à partir de 2013).

Pour Peter Dixon et Jörg Krämer  de la banque allemande Commerzbank, la seule raison qu'aurait la BCE de ne pas augmenter son taux directeur en avril serait une "aggravation de la crise de la dette souveraine".

Une raison insuffisante pour les spécialistes

Pour certains experts, une telle hausse n'est pour l'heure pas justifiée. Pour certains, la BCE serait sous l'influence de l'Allemagne. Selon le quotidien les Echos "l'Allemagne est en effet le pays où l'enclenchement de la spirale inflationniste est le moins improbable. La BCE agirait alors sous l'influence de sa voisine la Bundesbank, distante d'à peine quatre kilomètres". Pour Gilles Moëc de Deutsche Bank ce choix est plus motivé par un coup de force, pour montrer que la BCE ne doit plus être l'unique entité "à mettre vraiment de l'argent sur la table".

Article publié le lundi 07 mars 2011 à 15:03 - © Credixis 2017

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