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BCE : les dettes espagnoles et italiennes rachetées

Sortant enfin de son silence et des non-dits, la BCE est intervenu sur les marchés secondaires espagnols et italiens, appelant parallèlement les deux pays à adopter des mesures drastiques. Une action jugée bien tardive par les économistes.

BCE : les dettes espagnoles et italiennes rachetées

La BCE intervient sur les marchés

Devant faire face à ses responsabilités, la Banque centrale européenne (BCE) est finalement intervenu pour contrer l'action néfaste des spéculateurs sur les économies grecques et espagnoles. Une action confirmée par plusieurs traders  ce mardi.

Conséquence de ce réinvestissement, les obligations italiennes sur 10 ans ont ainsi reculé de 19,7 points de base  pour atteindre 5,134 % ce matin. en Espagne l'indice a perdu 16,3 points de base et est descendu à 5,05 %.

Prête à intervenir plus fortement sur les marchés, la BCE souhaite néanmoins des contreparties nationales à cette aide.

"Ce que nous attendons, c'est que les gouvernements fassent ce que nous considérons être leur travail, à la hauteur de leurs responsabilités. Nous avons demandé de manière extrêmement claire pendant les derniers jours au gouvernement italien de prendre un certain nombre de décisions et d'accélérer le retour à une situation budgétaire normale", a ainsi déclaré le futur ex président de la BCE Jean-Claude Trichet au micro d'Europe 1.

"Ce que nous demandons, c'est que l'ensemble des décisions qui ont été prises le 21 juillet soient mises en oeuvre le plus rapidement possible" a t'il ajouté.

Une action tardive

Pour de nombreux spécialistes, l'action de la BCE bien que nécessaire arrive bien tardivement. Dans une interview accordée à l'Express, l'économiste Daniel Cohen revient sur la réaction de la Banque centrale.

L'économiste fustige ainsi un attentisme et des craintes mal fondées, dénombrant trois facteurs à cet "immobilisme" de l'organisme européen :

  • la crainte d'une montée inflationniste alors que le véritable danger "compte tenu du ralentissement de la croissance, serait plutôt au contraire la déflation" ;
  • la crainte "d'encaisser des pertes"liées à la baisse de valeur des titres achetés sur le marché ;
  • le risque de "hasard moral" largement évoqué par la Bundesbank .

Pour Daniel Cohen, la réaction la plus efficace serait que la BCE se dote de "recettes fiscales, même faibles. Cela lui permettrait de disposer d'un matelas susceptible d'absorber les pertes éventuelles provoquées par le rachat des dettes d'État".

Pour M. Cohen, la BCE pourrait alors dire clairement aux marchés qu'elle interviendra systématiquement, en cas de crise aiguë. Cela découragerait définitivement la spéculation".

Article publié le mardi 09 août 2011 à 16:08 - © Credixis 2017

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