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L'accord européen défendu par la Banque de France

Dans une interview accordée au Télégramme, le patron de la Banque de France est revenu sur le dernier accord de Bruxelles, fustigeant par la même occasion le rôle et l'influence des agences de notations.

L'accord européen défendu par la Banque de France

! Des agences de notation trop politiques

Suivant la ligne directrice adoptée ces derniers jours par le gouvernement, le patron de la Banque de France (BdF), Christian Noyer, a tenu à rassurer quand à l'impact réel des agences de notation et les conséquences de leur volonté de réduire les notes souveraines des États européens ainsi que les notes des principales banques européennes.

Craintes par beaucoup il y a encore un mois, les agences de notations perdraient elles de leur crédibilité ? Qualifiant ces agences d' "incompréhensibles et irrationnelles" dans les pages du Télégramme de ce jeudi 15 décembre, Christian Noyer veut une nouvelle fois rassurer le public sur la bonne santé des banques françaises.

Pour le gouverneur de la Banque de France, l'action des agences de notations (notamment Standard & Poor's, Moody's et Fitch) n'est plus réellement justifiée. "Dans l'argumentation qu'elles développent, il y a plus d'arguments politiques qu'économiques" estime t-il.

Avec une distribution de crédits estimée à "+8% dans le crédit immobilier,+5,6% pour le crédit aux entreprises, [et] +5,1% pour le crédit aux PME" la BdF estime  ainsi que les banques françaises sont assez solides pour résister à cette crise.

"Nos banques ont des fonds propres tout à fait suffisants au regard de l'ensemble du système bancaire mondial. Il est vrai que nous leur demandons de renforcer leur solidité pour répondre aux nouvelles exigences réglementaires qui ont été décidées au niveau mondial et européen.Elles le font sur leurs ressources propres et bien entendu sans l'aide de l'État." précise par ailleurs M. Noyer.

Un accord européen utile

En totale opposition avec l'analyse faite par les dites agences de notation sur les solutions apportées lors du dernier sommet européen, Christian Noyer perçoit le nouvel accord européen comme utile. "Avoir désormais des règles de gouvernance claires, qui sont bonnes sur le fond et qui seront intégrées dans les constitutions et les lois organiques des États, c'est une bonne solution qui doit nous apporter une protection durable" constate le gouverneur de la BdF.

Des efforts néanmoins nécessaires

Au sens de la BdF, si la situation française et européenne n'est pas aussi catastrophique que le perçoit les agences de notation, des efforts sont néanmoins à fournir de la part tous.

"La France doit être impérativement très rigoureuse dans la gestion de ses finances publiques. Elle doit retrouver rapidement l'équilibre budgétaire. [...] Il faut en finir avec l'accumulation de la dette. Et la croissance reviendra si la confiance revient. Et pour retrouver la confiance, il faut donner la garantie que nos finances publiques seront assainies" conclue ainsi Christian Noyer, justifiant par là la politique d'austérité adoptée par l'État.

Article publié le jeudi 15 décembre 2011 à 15:12 - © Credixis 2018

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